Guerre en Ukraine : la mobilisation partielle en Russie provoque manifestations et exode

Posted on

Par Antoine Crouzet et Le Figaro

Publié hier à 14:37, Mis à jour il y a 11 heures

EN IMAGES – Au moins 1300 personnes ont été interpellées mercredi lors de manifestations dans 30 villes russes. D’autres citoyens préfèrent quitter le pays.

Des Russes se mobilisent, et cherchent à quitter le pays, quelques heures après l’annonce de «mobilisation partielle» par Vladimir Poutine. Au moins 1332 personnes ont été arrêtées lors de manifestations improvisées contre la décision du président russe, ce mercredi 21 septembre, selon une ONG. D’après OVD-Info, organisation spécialisée dans le décompte des arrestations, les mobilisations ont eu lieu dans au moins 38 villes du pays.

Les journalistes de l’AFP à Moscou ont vu au moins 50 interpellations sur l’une des artères centrales de la capitale. À Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, un bus entier d’arrêtés a été emmené par la police dans le centre. Les manifestants scandaient «Non à la guerre!» et «Pas de mobilisation!».

À lire aussiGuerre en Ukraine : la Russie pourrait-elle employer l’arme nucléaire ?

Une arrestation lors d’une manifestation à Moscou. AFP

«Tout le monde a peur. Je suis pour la paix. Mais c’est très dangereux de sortir maintenant, sinon il y aurait eu beaucoup plus de gens», a expliqué un manifestant à Saint-Pétersbourg, Vassili Fedorov, étudiant qui arbore un emblème pacifiste sur sa poitrine. Alexeï Zavarki, 60 ans, regrette lui la réponse policière immédiate aux rassemblements. «Je suis venu participer, mais il semble qu’ils ont déjà embarqué tout le monde», dit-il, avant d’ajouter: «je ne sais pas où nous allons, ce régime a signé son arrêt de mort, il détruit la jeunesse».

Lors d’une manifestation à Novossibirsk. ROSTISLAV NETISOV / AFP

«Pourquoi servez-vous Poutine? Un homme assis sur son trône depuis vingt ans!», crie un autre manifestant en direction de la police. «J’ai peur pour moi, pour mon frère, qui a 25 ans et qui a fait son service militaire. Il peut être appelé», explique Oksana Sidorenko, étudiante. «Pourquoi mon avenir est-il décidé à ma place ?»

Les billets d’avion pris d’assaut

Les Russes ont également pris d’assaut au matin les billets d’avion en direction d’Istanbul (Turquie), d’Erevan (Arménie), de Tbilissi (Géorgie), de Minsk (Biélorussie), de Noursoultan (Kazakhstan) et de Belgrade (Serbie). Seulement une poignée de billets datés du 22 septembre à destination de ces villes restaient en vente ce mercredi soir, selon l’agence en ligne Aviasales.

Les Russes ne pouvant plus se rendre directement en avion dans l’Union européenne depuis la fermeture de l’espace aérien européen à la Russie en février dernier, la Serbie et la Turquie sont devenues les destinations les plus demandées par les citoyens russes. Les prix des billets pour les prochains jours ont par ailleurs explosé pour atteindre plus de 1000€. Même les demandes de billets en direction des villes proches des frontières de la Russie – en dehors de celles proches de l’Ukraine – ont fortement augmenté. Les prix de ces billets atteignent dès à présent 750€.

Selon la chercheuse et spécialiste de la Russie à l’Institut français des relations internationales (IFRI) Tatiana Kastoueva-Jean, ses connaissances en Russie, quelle que soit leur opinion sur Poutine, réfléchiraient à des «stratégies d’évitement» pour ne pas aller au front. Le nombre de recherches sur internet mentionnant la question «comment se casser le bras» a explosé après le discours matinal du président russe.

Alors qu’il s’était refusé à parler de mobilisation de la population russe depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, la mise en place d’une «mobilisation partielle» pour résister aux contre-offensives ukrainiennes à Kharkiv et Kherson, pourrait faire perdre à Vladimir Poutine le soutien d’une partie substantielle de la population russe, qui lui était favorable auparavant. En mars dernier, un sondage réalisé en mars par l’institut indépendant Levada Center assurait que plus de 80% des Russes soutenaient l’action de leur président. Un record depuis 2018.

À lire aussiEn Russie, l’union sacrée derrière Vladimir Poutine

L’article 21 de la loi fédérale sur la formation à la mobilisation indique par ailleurs qu’il est «interdit aux citoyens qui sont inscrits dans l’armée de quitter leur lieu de résidence sans l’autorisation des commissariats militaires et des organes exécutifs fédéraux». Un texte qui donne une base légale au Kremlin pour lutter contre ce mouvement d’exode.

Depuis le début de la guerre, plus de 200.000 Russes, appartenant en majorité aux catégories sociales supérieures, ont déjà quitté le pays, selon les chiffres publiés par l’économiste Konstantin Sorin de l’Université de Chicago. La Serbie, qui n’a pas pris de sanctions contre la Russie, a été l’un des pays les plus accueillants pour les exilés russes, qui sont désormais environ 40.000 à Belgrade. Parallèlement, l’Union européenne a commencé à restreindre les facilités d’accès des citoyens russes à son territoire, en suspendant un accord sur les visas de court séjour début septembre. Le ministère letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkevičs, est allé encore plus loin mercredi et a déclaré que son pays n’accepterait plus les demandes de visas humanitaires de Russes désirant fuir le régime de Vladimir Poutine.

À VOIR AUSSI – «La déclaration de Vladimir Poutine est un tournant dans la guerre en Ukraine», précise Renaud Girard

Jasaseosmm.com Smm Panel is the best and cheapest smm reseller panel Buy Facebook Verification for instant Instagram likes and followers, Buy Verification Badge, Youtube views and subscribers, TikTok followers, telegram services, and many other smm services. telegram, and many other smm services